Baudouin Havaux
ŒNOTOURISME

Iter Vitis, les chemins européens de la Vigne

Ce 15 juin, les vignobles du Sud-Ouest ont été reconnus comme « itinéraire culturel européen » par le Conseil de l’Europe. L’interprofession des Vins du Sud-Ouest (IVSO) est la première interprofession viticole à s’engager, à travers l’itinéraire européen Iter Vitis, les Chemins de la Vigne et celui des Chemins de Saint Jacques de Compostelle.

C’est pour tous les acteurs de l’oenotourisme une reconnaissance de la qualité de ses paysages et de la diversité culturelle de leur territoire. Le Sud-Ouest, 1er bassin viticole, est inscrit au titre de la Route Culturelle Européenne de la vigne et du vin « Iter Vitis – Les Chemins de la Vigne ». L’objectif d’Iter Vitis est de valoriser le territoire à travers l’oenotourisme mais surtout de créer des passerelles entre la viticulture, le tourisme et la culture et également de permettre la reconnaissance et la valorisation des éléments du patrimoine agricole. Iter Vitis a la volonté de nouer des partenariats actifs avec les bassins viticoles, afin de valoriser notamment la dimension paysagère, culturelle et de promouvoir l’œnotourisme comme facteur de résilience de la filière agricole.

Les vignobles du Sud-Ouest s’étire le long des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle depuis le moyen âge. Passage obligé entre le nord de l’Europe et l’Espagne, ce vaste territoire va voir fleurir abbayes et monastères qui accueillent les pèlerins. Pour les besoins de l’office, mais aussi pour étancher la soif des pèlerins, les communités religieuses développent des vignobles. La circulation permanente des pèlerins devient un vecteur essentiel de diffusion des cépages. Des cépages autochtones du Sud-Ouest qui sont exportés et des cépages étrangers qui sont importés. Ce qui explique l’impressionnante mosaïque de cépages qui caractérise les vins du Sud-Ouest. Il est d’ailleurs à l’origine de grands cépages internationaux comme le malbec ou le cabernet. Pour le plus grand bonheur des amateurs de diversité, de curiosités viticoles et d’authenticité on peut déguster des vins élaborés à base de 130 cépages autochtones auxquels s’ajoutent certaines variétés originaires d’autres régions parfois lointaine.

La Garonne, dans laquelle se jettent toutes les rivières du Sud-Ouest (Tarn, Baïse, Lot, Ariège, Aveyron) est historiquement la route fluviale par laquelle les vins sont acheminés sur les célèbres gabares. A cette époque les vins en amont de Bordeaux prennent le nom de vins du Haut-Pays qui avaient comme vocation de remonter la couleur des vins de Bordeaux. Les vins sont alors différenciés par le nom du port qui les expédie : Bergerac, Cahors, Moissac,… ou par celui de son expéditeur. Comme les vins chargés au port de Rabastens qui prennent le nom de Gaillac parce que expédiés par l’abbaye Saint-Michel de Gaillac. Il existe une vraie unité autours du fleuve et de ses affluents, quelque chose d’unique qui rassemble tous les vignobles qui les bordent.

Une autre particularité est la typologie plastique des paysages de vigne. On en distincte deux aspects principaux : «  en terrasse de vigne » et « en timbre-poste ». Pour le premier aspect que l’on connaît aussi  sous le nom de « vigne en escalier » les ceps sont plantés parallèlement aux courbes de niveau sur des terrasses dont les murets ont été élevés par les vignerons. On retrouve ces paysages principalement dans les vignobles du piémont pyrénéen et dans ceux du Massif central. Ailleurs ce sont les « vignes en timbre-poste » qui dominent. Elles traduisent la tradition de polyculture des vignerons. Loin de la monotonie des mers de vignes, la couleur verte des vignes se mêle au jaune des champs de colza ou de tournesol et au bleu de hameaux en pierre calcaire ou en briques rouges.