Dirk Rodriguez
DIVERS

La finale du « Meilleur Sommelier » met Louis Havaux à l’honneur

"Il est temps de mettre une légende sous les projecteurs", écrit le site web de la Guilde des sommeliers de Belgique. Ils parlent de Louis Havaux, l'ancien rédacteur en chef de Vino, qui a joué un rôle majeur dans le développement du Sommeliergide en Belgique, en Europe et dans le monde.

Dimanche prochain, la finale du concours du Meilleur Sommelier de Belgique aura (enfin) lieu à l’hôtel Van der Valk à Nivelles – tout le monde est d’ailleurs le bienvenu, puisqu’il s’agit d’un concours public (entrée 20 €). Il s’agira d’une bataille entre deux finalistes confirmés (Stéphane Dardenne et Dries Corneillie) et un troisième qui sera choisi parmi les demi-finales du matin (Charlotte Crul, Trésor Vets ou Maxime Sanzot).

Mais celui qui sera certainement mis à l’honneur est l’ancien rédacteur en chef de ce magazine et le fondateur du Concours Mondial de Bruxelles, Louis Havaux. William Wouters a écrit toute une histoire à ce sujet. Nous résumons.

Courir avec la caisse enregistreuse

Dans les années 1970, Louis Havaux était accidentellement devenu rédacteur en chef du Sommelier Belge, qui a ensuite absorbé le Magazine des Vins et Spiritueux. En 1983, il a l’idée de fonder le Mondial du Vin de Bruxelles, comblant ainsi le vide laissé par la biennale Vinexpo (Bordeaux). Quelques mois plus tôt, la Guilde de la Sommellerie Française, qui devait organiser le concours du Meilleur Sommelier du Monde cette année-là, avait subi un revers important. Le trésorier de la guilde s’était enfui avec la caisse sous le bras. Louis Havaux a donc suggéré que la Guilde belge aide la France. Elle a financé l’adhésion de la France à l’ASI (Association de la Sommellerie Internationale) et a permis à Paris d’accueillir le championnat du monde. Ce fut un épisode crucial dans le développement de la sommellerie dans le monde. Ce dont l’ASI lui est toujours reconnaissante.

A noter que le Mondial de Bruxelles ne doit pas être confondu avec le Concours Mondial de Bruxelles, qui n’a vu le jour que plus tard, en 1994. Louis Havaux, en tant que rédacteur en chef de ce magazine (Vino), cofondera plus tard la FIJEV, l’association des journalistes du vin basée à Paris. Il est Cancelier de la Jurade de Saint-Emilion en Belgique et est appelé à juste titre l’un des pères mondiaux de la sommellerie. Ce qu’il pense lui-même de l’évolution de l’ASI ? Louis Havaux : « J’ai remarqué qu’après notre « sauvetage » de l’édition 1983, l’ASI semblait renaître. Chaque édition devient plus importante, plus globale et plus spectaculaire. Ce que je n’oublierai jamais, c’est la finale au Hilton de Rome. » Et sur son meilleur souvenir tout court : « Les années dorées où le Grand Jury existait, pendant lesquelles nous dégustions tous les grands vins du monde avec un jury fort composé d’une sélection de dégustateurs tels que Bettane et Desseauve, Olivier Poussier, Abi Duhr, Bernard Burtschy et d’autres. »

Photo ci-dessus fltr : William Wouters (président de l’ASI), Louis Havaux, Jean-Marie Delrée (business manager De la Terre à la Vigne) et Giuliano Gianotti (alors sommelier Maison du Bœuf, Hilton)Photo ci-dessous Louis Havaux avec l' »autre » William Wouters, alors sommelier de Comme Chez Soi.