Communiqué
WINEBIZZ

Symposium « act for change », les conclusions du premier jour

Les 20 et 21 juin 2022, professionnels et experts internationaux se sont réunis à La Cité du Vin à Bordeaux pour la deuxième édition du Symposium « Act for Change ». Deux jours de débats pour décrypter les grandes évolutions et les impacts sur la production et la distribution des vins et spiritueux à l’horizon 2030. Vino.be a reçu les premières conclusions de la journée, voici les grandes lignes à retenir.

1/ Quels sont les défis à relever ?
La session « Viticulture et changement climatique : quelles conséquences ? » faisait intervenir des intervenants impliqués dans la recherche ou à l’origine d’initiatives notables à travers le monde. Objectif : identifier les priorités en matière de changement climatique et aider les vignerons à mieux les anticiper.
Le monde du vin devrait prendre le leadership sur la question du climat. Les viticulteurs ressentent l’impact du changement climatique au quotidien. Leur principal souci est de savoir comment va survivre leur activité demain, ils n’ont pas le temps d’élaborer une stratégie autour de la question climatique.
(Marta Mendoça, responsable, The Porto Protocol)

Nous avons façonné et cultivé les vignes depuis des années, il faut réapprendre à cultiver les baies différemment, c’est un gros défi dans cet énorme secteur qui comporte de nombreux petits acteurs.
(Jérémy Cukierman MW, Directeur, Kedge Wine School & auteur de « Quel vin pour demain ? »)

Le secteur des vins et spiritueux est assez conscient du problème du changement climatique. Mais les professionnels ont besoin de soutien : l’adaptation coûte cher, il faut des moyens pour tester des solutions. On considère que la matière végétale est un gros levier de l’adaptation au changement climatique, notamment pour développer la diversité. Le porte-greffe peut aussi être très utile au moins pour l’adaptation à la sécheresse.
(Nathalie Ollat, Directrice de recherche, EGFV (Unité Ecophysiologie et Génomique Fonctionnelle de la Vigne – INRAE))

2/ Quel packaging séduira les consommateurs en 2030 ?
Avec « Wine Intelligence », nous avons mesuré l’écart entre la préoccupation pour le dérèglement climatique et la réelle volonté d’acheter un emballage durable, respectueux de l’environnement. Qu’est-ce que les consommateurs souhaitent d’une marque qui se dit respectueuse de l’environnement ? Ils veulent, d’abord, que celles-ci soutiennent des sujets sociaux. C’était déjà une tendance vers laquelle les marques se tournaient et qui a été accélérée par la crise du Covid-19.
(Lulie Halstead, Directrice et co-fondatrice de Wine Intelligence (WSR))

Avec le réchauffement climatique, je me suis rendu compte de l’importance, pour nos clients, de la question de la durabilité. Les personnes souhaitent savoir si notre vin est certifié biologique, combien de fois les tracteurs traversent nos parcelles, entre autres. Mais le véritable enjeu pour moi, ce sont les questions autour de l’emballage. C’est à ce poste que les émissions à effet de serre sont plus nombreuses. Cependant, les consommateurs ne sont pas prêts à changer d’emballages, surtout dans cet environnement premium des grands crus, en l’occurrence ici, l’appellation Saint-Julien. Alors, nous avons décidé de ramener les bouteilles, une fois vides, pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Et aussi, d’améliorer tous les processus de recyclage des bouteilles, en prenant en compte par exemple, d’utiliser de la colle à l’eau pour nos étiquettes.
(Damien Barton Sartorius, Co-gérant Barton Family Wines)

3/Quels profils organoleptiques séduiront les consommateurs en 2030 ?
Si les consommateurs boudent les vins, le marché reste néanmoins très dynamique. En effet, les consommateurs se dirigent vers des vins blancs de plus en plus secs. Dans le détail, ces vins plus droits et acides représentent 42% des ventes. Concernant le vin rouge, c’est un peu l’inverse. Les vins rouges, très structurés ne sont plus recherchés par les consommateurs. Désormais, les clients s’orientent vers des vins plus légers.
(Cathy Van Zyl MW, Rédactrice adjointe auprès du guide du vin sud-africain « Platter’s »)

Je pense que le marché suit trois dynamiques bien distinctes. La première concerne le dérèglement climatique, au cœur des préoccupations de nos clients. En fait, 65% des consommateurs placent la question du climat en priorité dans le choix de leurs vins. Ensuite, Il fait de plus en plus chaud, et les acheteurs souhaitent des vins frais, légers. Ils délaissent généralement les vins trop structurés qui laissent un fort goût de tanin en bouche. Enfin, 70% des consommateurs veulent adopter un style de vie plus sain. Dans le monde du vin, cette vie plus équilibrée implique moins de calorie dans la réalisation des breuvages avec d’autres caractéristiques. Par exemple, les personnes souhaitent des vins plus secs et bruts. Même, cette nouvelle façon de vivre laisse place à des vins sans alcool.
(Pierre Mansour, Directeur des achats vin, The Wine Society)