Charles Piron
DIVERS

En Alsace, un hectare de vignes sur trois est bio

Les amateurs de vins sont de plus en plus nombreux à rechercher des vins bios, ou même biodynamiques. Et depuis le début de la crise du coronavirus, nous semblons accorder une importance accrue à la question du développement durable et aux produits écologiques.

Les 5 dernières années, la viticulture biologique a doublé en Alsace, : aujourd’hui, on compte 585 viticulteurs engagés en bio ou en conversion. Cela représente plus de 5000 hectares dont 2481 en conversion, soit un tiers de la surface totale viticole. Selon sa sensibilité ou son degré d’expertise, le vigneron a ainsi à sa disposition plusieurs stratégies possibles. La viticulture raisonnée vise à inciter les viticulteurs à optimiser l’usage des pesticides pour en limiter la quantité. La viticulture intégrée privilégie les mécanismes de la régulation naturelle et les méthodes de lutte écologique, pour utiliser moins de pesticides. Et la viticulture biologique, avec sa variante biodynamique, traite les vignes uniquement avec des produits d’origine naturelle ou minérale pour aider la vigne à se défendre par elle-même.

Pionnier en Biodynamie

La biodynamie se distingue de l’agriculture biologique par ses préparations : tisanes, décoctions et macérations de plantes, compost de bouse, silice de corne ; et un usage plus restrictif d’intrants pour permettre une véritable symbiose entre les sols, la vigne et l’humain. Bien plus qu’une technique agricole, la biodynamie est une philosophie de vie, qui respecte la nature, la terre, la vie, et les hommes. Elle vise à redynamiser les fonctionnements naturels en composant avec eux plutôt que de chercher à les maîtriser.

Il y a plus que 50 ans que cette technique de production est née en Alsace. C’est suite à une intoxication et paralysie du nerf optique que le viticulteur Eugène Meyer a décidé de développer la biodynamie dans ses vignes selon les principes de Rudolf Steiner. Une révolution pour l’époque et une démarche pionnière, qui avait alors suscité beaucoup d’interrogations, mais qui a depuis largement essaimé en Alsace et ailleurs. Aujourd’hui, la nouvelle génération reprend le flambeau et permet ainsi à l’Alsace de se positionner toujours en tête de tous les vignobles européens et de figurer parmi les vignobles les plus biodynamiques au monde. On y recense aujourd’hui 75 domaines certifiés. Cela représente plus de 700 hectares, soit 4,5 % du vignoble et environ 12 % des domaines français engagés en biodynamie.