Quentin Havaux
WINEBIZZ

Le Grand Baromètre du vin : que boivent les Belges ?

Essentielle Vino! a réalisé un sondage auprès de ses lecteurs afin d’en savoir plus sur leurs habitudes de consommation en matière de vin. Les résultats obtenus parmi plus de 1.000 consommateurs avertis et amateurs de vin ont été analysé pour mettre en avant le gout des belges.

Le belge, un grand consommateur 

Plus de 90% d’entre nous s’octroient au moins un verre par semaine. Et 19% ont répondu qu’ils s’autorisaient une consommation quotidienne. Ce constat pourrait heurter la sensibilité de certains et laisser croire qu’une partie de la population a une relation trop intense avec le pinard. Mais il est important de mentionner qu’elle n’est pas incompatible avec les recommandations de 10 consommations hebdomadaires de la fondation contre le cancer.

Sans surprise l’ensemble des personnes interrogées consomment à domicile. 90% ont également mentionné les restaurants. Il est en revanche intéressant de voir que près de 45% fréquentent les bars à vin pour assouvir leurs plaisirs de découvrir de nouvelles pépites, une observation en parfaite adéquation avec la forte augmentation du nombre de ce type d’établissement dans le paysage de l’HORECA avant la crise Covid.

Où allons-nous nous approvisionner ?

Pas de surprise non plus, 70% des participants achètent régulièrement leurs bouteilles en grande distribution. La seconde source d’approvisionnement des amateurs de vin ne va pas faire plaisir aux distributeurs nationaux, ni à notre ministre des finances.  Que ce soit en retour de vacances ou le prétexte à partir en weekend, 50% des répondants à l’enquête n’hésitent pas à prendre leur voiture et aller à la rencontre des producteurs. Une fois sur place ils apprécient échanger avec les vignerons autour de la traditionnelle dégustation, et repartir le coffre plein de cartons. L’enquête ne révèle pas les volumes de vin achetés hors frontière dans la grande distribution. En attendant une harmonisation fiscale au niveau européen on peut imaginer le manque à gagner pour les caisses de l’état et nos marchands de vin et spiritueux.

Avec également 50% de réponses nous retrouvons les cavistes comme fournisseurs de nos consommateurs avertis. Les personnes estimant avoir une faible connaissance en matière de vin sont celles qui fréquentent le moins les cavistes. N’est-ce pas paradoxal ? C’est justement parmi ces spécialistes que vous rencontrerez les conseils éclairés de professionnels passionnés. On ne le dira jamais assez, mais non un caviste n’est pas un lieu « select » réservé aux fins connaisseurs. Finalement, notons que les commandes sur internet sont pratiquées par 17% des participants. Ce phénomène s’est fortement développé suite à la situation sanitaire.

Francophones et néerlandophones ne boivent pas les mêmes vins. Pour les deux communautés, le top trois des critères d’achat sont dans l’ordre, la région, le cépage et le prix.

1) La région :
Les francophones préfèrent les Côtes du Rhône et les néerlandophones la Bourgogne. Les 3 pays producteurs préférés des belges sont la France en tête, suivi de l’Italie et de l’Espagne et ce peu importe la langue, l’âge ou le genre des participants. Si on élargit les cercles, on verra apparaitre des pays plus exotiques tels que le Chili et l’Afrique du Sud. Mais également la Belgique, pour les 25-35 ans. Dans l’ordre, les préférences des francophones sont les Côtes du Rhône, la Bourgogne et puis Bordeaux par contre les néerlandophones ont plébiscité la Bourgogne, les Côtes du Rhône et puis le Languedoc-Roussillon. La Loire remporte la quatrième place sur les deux marchés. Et finalement, la cinquième place est remportée dans le sud du pays par la Champagne, fortement apprécié par la gente féminine et par Bordeaux dans le nord.

2) Le cépage :
L’analyse des cépages préférés des belges nous enseigne que les 2 cépages emblématiques de la Bourgogne, le Pinot Noir et le Chardonnay sont parmi les duos de tête aussi bien en rouge qu’en blanc. La présence du Cabernet Sauvignon dans ce classement n’a rien d’étonnant, ce qui est plus remarquable c’est l’absence du Merlot du côté flamand. Si nous mettons ces données en relation avec celles des régions, nous pourrions émettre l’hypothèse que les vins de la rive droite de Bordeaux avec une majorité de Merlot seraient délaissés en Flandre. Au niveau des cépages blancs, le Riesling caracole en tête du côté néerlandophone. Notons qu’un autre cépage noble d’alsace figure dans cette liste, le Pinot Gris.

3) Le Prix
Le prix, un critère majeur lors de l’achat n’apparaît qu’en troisième position chez nos amateurs. Le plaisir l’emporterait sur la raison ?

 

À la vue de ce graphique, il existe une différence dans le budget moyen dépensé pour une bouteille de vin en Flandre et en Wallonie ou à Bruxelles. Du côté francophone 78% des participants ont répondu dépenser un maximum de 14€ par quille. Alors que 83% des néerlandophones déboursent minimum 10€. Finalement, nous constatons que les bouteilles à moins de 5€ ne trouvent pas d’acquéreur ou si peu, chez les amateurs de vins.

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