Charles Piron
BOURGOGNE

Des vendanges précoces mais qualitatives en Bourgogne

L’année 2020 joue avec les nerfs de la planète. Elle titille aussi ceux des vignerons bourguignons. Avec des vendanges historiquement précoces, ils ont du  s’organiser pour que les cuveries soient prêtes à recevoir les premiers raisins, dès le 12 août pour les plus en avance ! La mosaïque des terroirs est bien marquée, avec des maturités qui s’égrènent sans ordre établi, selon la date de floraison bien sûr, mais également en fonction des quelques pluies dont chaque parcelle a bénéficié ou non. Après un cycle de 90 à 100 jours respecté. 2020 promet de la qualité, mais ce millésime n’aura pas été de tout repos ! Retour sur la saison 2020.

L’hiver très doux, avec des températures au-delà des moyennes saisonnières, entraîne un débourrement précoce. Avril prolonge le phénomène, affichant + 3,6°C au-dessus des normales ! Les Saints de Glace, qui s’achèvent mi-mai, apportent quelques gelées matinales, heureusement sans véritable conséquence, grâce à la faible humidité.

À partir du 14 mai, les températures s’envolent et les toutes premières fleurs sont rapidement observées. La chaleur se maintient, bien au‐delà de la normale, jusqu’au 23, ce qui favorise une évolution rapide de la floraison sur certains secteurs et cépages.

Un refroidissement très bref survient alors, mais les températures repartent immédiatement à la hausse, permettant l’achèvement de la floraison dans les secteurs plus en retard.

Les dates estimées du stade mi‐floraison (50 % de fleurs ouvertes), autour du 3 juin, placent 2020 dans le trio de tête des millésimes précoces. Il présente un peu plus de 2 semaines d’avance par rapport à la moyenne des 25 dernières années (1994-2019), 3 semaines même par rapport à 2019. Cette avance va perdurer jusqu’aux vendanges, dont elle explique l’exceptionnelle précocité.

Dans les vignes les plus en avance, la fermeture de la grappe intervient autour du 23 juin. Les secteurs les plus tardifs attendront la première semaine de juillet. A ce stade, la diversité est déjà largement de mise d’une parcelle à l’autre. Elle annonce des vendanges épiques !

L’été ralentit à peine le cycle, les températures restant élevées et la pluviométrie minimale, avec des écarts selon les vignobles. Sur l’ensemble de la Bourgogne, en juillet, les précipitations sont rares et hétérogènes. Le déficit peut atteindre entre 77 et 87 % par rapport à la normale, alors que les températures sont élevées (+ 1°C en moyenne). La première semaine d’août apporte quelques précipitations, essentiellement dans le Chablisien/Grand Auxerrois.

Ces conditions conduisent à un ralentissement, voire un blocage, de la véraison et donc de la maturation sur quelques secteurs ou parcelles. La maturation se fait donc de manière disparate, la mosaïque des terroirs de Bourgogne s’exprimant plus que jamais !

Si la question de la quantité est posée en raison du manque d’eau, les vignerons sont unanimes sur la qualité. Les fruits sont gorgés de soleil et le cycle complet de maturation permet de conserver l’équilibre tant prisé en Bourgogne.