Dirk Rodriguez
Personalia

Christophe Heynen MW : enfin un 2ème Master of Wine belge

Plus de 20 après Jan De Clercq MW, la Belgique tient enfin un second Master of Wine. Découvrez ci-dessous notre entretien avec le tout nouveau certifié MW qui a de quoi être fier.

L’année dernière, Christophe Heynen, CEO de l’entreprise d’importation Gusto World, nous déclarait, confiant, que son parcours s’annonçait bien. Il n’était néanmoins pas encore terminé.

Ce vendredi 28 octobre à 8h du matin, Christophe Heynen a enfin reçu le coup de fil libérateur de l’Institute of Masters of Wine de Londres : il a réussi ! Ça n’a pas été facile de se retenir de le faire savoir au monde entier avant que le communiqué ne soit rendu public, trois heures plus tard. Est-ce donc si spécial de devenir « Maître du Vin » ? Absolument ! Depuis que l’épreuve a été créée dans les années 1960, seuls 409 élèves ont obtenu le plus haut titre dans le monde du vin. Soit en moyenne moins de 7 personnes par an.

15 autres candidats ont été promus cet été : 6 Anglais, 3 Canadiens, 1 Irlandais, 1 Norvégien, 1 Française, 1 Israélien et 1 étudiant des Émirats arabes unis. En regardant de plus près le profil des anciens élèves, on se rend compte que la connaissance de l’Anglais est un impératif pour cette formation très anglo-saxonne : même la candidate française est originaire de Terre-Neuve, île canadienne majoritairement anglophone. Christophe Heynen, qui est liégeois, a heureusement vécu quelques années aux États-Unis, il est donc bilingue et a pu relever ce défi supplémentaire sans encombre.

Sur Facebook, Christophe Heynen a remercié sa femme et ses 2 enfants pour leur soutien malgré les nombreux voyages à l’étranger nécessaires pour ses études. Il a également salué ses collaborateurs de Gusto World qui ont contribué à la réussite de la société durant ses absences. Enfin, il a eu une pensée pour ses mentors, principalement d’autres MW, parmi lesquels notre chroniqueur Pedro Ballesteros MW.

Sa thèse finale a porté sur les « méthodes de financements participatifs dans le cadre de nouveaux projets de vignobles et infrastructures viticoles à travers le monde, du point de vue des entrepreneurs du vin » (Crowdfunding Methods as a tool for Financing New Vineyard and Winery Projects Worldwide from the perspective of Wine Entrepreneurs).

Nous avons pu poser à Christophe quelques questions.

Vous êtes-vous inspiré de la coopérative Vin de Liège pour votre travail de recherche ?

Heynen : « Tout à fait, mais je me suis également inspiré entre-autres de deux domaines belges : Vin du Pays de Herve et le Domaine W. Mon idée était de mettre l’accent sur l’aspect financier, que les vignerons passionnés ne maîtrisent pas toujours. J’aime bien cette partie du monde du vin aussi – et l’on a tendance à souvent l’occulter. »

Vous allez être invité à de nombreuses conférences comme intervenant, avez-vous prévu de vous spécialiser dans une région particulière ?

Heynen : « Non, pas dans une région particulière, je reste avant tout un entrepreneur du vin et c’est cet aspect qui m’intéresse le plus. J’ai effectivement reçu des centaines d’e-mails et de SMS provenant du monde entier : parce que j’utilise des exemples belges, une partie du monde se rend soudain compte que nous faisons du vin ici aussi. Si je dois jamais devenir ambassadeur d’une région, alors ce sera plutôt de la Belgique. »

Je devine qu’une bouteille de bulles a été ouverte lorsque vous avez appris la bonne nouvelle. Avez-vous attendu le dîner du soir ou le bouchon a-t-il sauté au petit-déjeuner ?
Heynen : « Ahah, je n’ai pas pu attendre, le bouchon a sauté au petit-déjeuner ! »

Pouvons-nous connaître la bouteille en question ?
Heynen : « Oui, c’était une bouteille de Champagne Selosse Les Carelles, de la gamme Lieux-Dits ».

Cher Christophe, encore une fois toutes nos félicitations pour votre titre. Celui-ci nous rend également très fiers, nous amateurs belges de vin !

Heynen : « Je suis fier aussi de l’avoir obtenu en tant que Belge ! »