Baudouin Havaux
DIVERS

Osez le rosé

La consommation de rosé suit le même mouvement que le mercure des thermomètres. Si dans notre pays, un été chaud est synonyme d’une augmentation sensible des ventes de rosé, on observe cependant ces dernières années une consommation qui a tendance à s’étaler tout au long de l’année.

L’image du rosé évolue positivement dans l’esprit du consommateur qui le considère comme un vin à part entière, avec ses propres codes de dégustation. Loin de la notion réductrice de vin de piscine ou de barbecue, les rosés ont intégré le monde de la gastronomie. Sa consommation qui a tendance à augmenter se situe autour de 10%, tous rosés confondus, secs et doux, tranquilles et effervescents.

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette évolution de la consommation de rosé.  La première est certainement l’évolution qualitative de la grande famille des rosés. Autrefois le vigneron avait tendance de recycler la vendange de ses jeunes vignes ou des raisins de moindre qualité en rosé. N’hésitant pas, lorsque qu’il était confronté à des raisins en mauvais état sanitaire, d’ajouter une bonne dose de souffre à l’origine de nos maux de tête. Aujourd’hui les producteurs se sont spécialisés dans la production de rosé. Les grandes appellations de vins rosés que sont par exemple les Côtes de Provence, les vins de pays des sables du Golfe du Lion, Tavel, Cabernet d’Anjou, Clairet de Bordeaux, ont depuis toujours intégré que l’on ne fait pas du rosé par défaut.

Ce sont des vignerons qui y consacrent des terroirs spécifiques et des modes de conduites de la vigne adaptés. Une démarche essentielle pour obtenir de bons rosés. Les régions réputées pour leur production de rosés, maitrisent les techniques qui permettent de récolter des raisins suffisamment mûrs pour apporter les arômes de fruits ou de fleurs mais pas trop pour conserver l’acidité nécessaire à garantir la fraicheur indispensable du rosé. Les dates de vendanges seront plus précoces pour les rosés que pour les vins rouges.

D’autres facteurs pourraient également expliquer notre intérêt pour les rosés, comme le changement climatique qui nous inciterait à consommer des vins plus estivaux.  La modification de nos habitudes alimentaires n’est certainement pas étrangère à cette tendance, comme le développement des tapas et des cuisines exotiques, qui se marient particulièrement bien avec le rosé.

Peut- on faire du rosé en mélangeant du vin rouge et de vin blanc ?

Non. La législation européenne interdit strictement le mélange de vin rouge et de vin blanc pour obtenir un vin rosé. Malgré les fortes pressions du négoce intéressé à réduire ses coûts de production,  cette réglementation n’a heureusement jamais été modifiée. Le bon sens l’a emporté. Pour s’en convaincre il faut faire l’expérience de mélanger dans son verre du vin blanc et du vin rouge pour se rendre compte de la catastrophe organoleptique. Une exception notoire existe cependant. Seules les élaborateurs de Champagne sont autorisés à assembler vin rouge (pinot) et vin blanc (chardonnay) pour réaliser leurs cuvées de champagne.

Rosé Piscine ou rosé de table ?

Il faut distinguer deux types de rosé associés à deux moments différents de consommation. Le premier un rosé plus léger plus fruité plus frais que l’on dégustera nonchalamment au bord de la piscine ou en magnum en boite de nuit et les rosés structurés, charnus, complexes et vineux qui accompagnent nos plats.

Rosés pâles ou intenses ?

L’intensité de la couleur n’est absolument pas un critère qualitatif. Elle répond simplement à une mode. Et la tendance actuelle est d’élaborer des rosés de plus en plus pâles. Ils sont particulièrement visibles dans les endroits branchés. C’est le temps de macération des peaux de raisin qui détermine l’intensité chromatique. Plus long sera le contact entre la peau et le jus, plus intense sera la couleur. A noter qu’il existe des techniques pour décolorer le vin.

Tour de France des rosés :

1/ Pays d’Oc, Sphère rosé Gérard Bertrand :
Gérard Bertrand lance une nouvelle gamme de vin « Sphère ».L’originalité de ce rosé vient du léger pétillant qui s’exprime en bouche. Subtil et délicat il apporte une grande fraicheur qui sera bienvenue lors des canicules estivales annoncées cette année. Les fermentations terminées, les vins n’ont pratiquement plus bougé des cuves afin d’éviter les oxydations et de garder le maximum de gaz carbonique endogène. Résolument dans l’air du temps sa couleur est pâle. La bouche est équilibrée, soutenue, très agréable
Distribué chez Delhaize. Prix : 9,99€

2/ La cave d’Augustin Florent, 2013, Tavel, France
Un rosé qui présente beaucoup de corps, puissant et corsé, une belle acidité et des arômes marqués par la framboise et les épices. Parfait pour passer à table.
Distribué par Carrefour. Prix 7,89€

3/ Rosé des Plages, Premium,  Pays de l’Hérault
Légèrement doux, rond, citrique, assez de fraicheur. Comme son nom l’indique : A siroter sans se prendre la tête au bord de l’eau.
Chez Delhaize. Prix : 8,99€

4/ Sainte Victoire, Reflets de France, AOC Côtes de Provence Sainte-Victoire.
On y retrouve la puissance du grenache, les arômes de la syrah et la finesse du cinsault. Un vin harmonieux et élégant avec assez de caractère pour affronter une épaule d’agneau grillée.
Chez Carrefour. Prix : 6,99€

5/ Château de Montguéret ‘Le Petit Saint-Louis’, Rosé de Loire sec, 2019
Un rosé d’une grande fraicheur, qui malgré qu’il soit sec laisse une agréable impression de douceur. Une belle palette aromatique de pétales de rose, framboises, bonbons anglais et d’agrumes. La matière est généreuse et plus que suffisante pour accompagner à l’apéritif ou avec l’entrée, des salades, saucisses grillées ou pilons de volaille.
Importé par Grand Chais de France.