Dirk Rodriguez
WINEBIZZ

Pas de chômage technique chez les principaux importateurs de vin

Aujourd'hui, les principaux importateurs et agents s'expriment. Chez eux, pas de chômage technique, pas de problèmes majeurs et différents scénarios sont pris en compte. Mais il y a des soucis pratiques comme le prix du transport routier et la récolte dans l'hémisphère sud.

Julie Bossaert, responsable marketing chez Hasselt Millésime, travaille depuis la maison et compte sur son téléphone plus que jamais. Tout le monde essaie de travailler à domicile autant que possible mais il y a encore des occupants à Hasselt deux jours par semaine. Personne n’est au chômage technique pour le moment même si le secteur on trade (restaurants et cavistes) est en grande partie au point mort. « Je dois mentionner qu’il y a encore des livraisons à des revendeurs ayant une boutique en ligne, bien qu’il ne s’agisse pas de grandes quantités. Il y a également l’important secteur du commerce de gros (principalement la distribution en gros) où Hasselt Millésime représente des marques telles que Trapiche et Gallo ». Quelle est la situation ici ? Bossaert : « Nous avons un stock suffisant et nous pouvons toujours importer s’il venait à s’épuiser, même s’il ne fonctionne pas aussi bien que d’habitude. Les ports et le transport routier connaissent certaines difficultés. Nous devrons donc surveiller l’évolution de la situation ».

Le prix du transport routier triplé
Chez Le Wine, il n’y également pas de chômage technique pour le moment. Tout le monde travaille à domicile, sauf le service clientèle et la comptabilité. « Mark Schiettekat, PDG, vient régulièrement faire le point et c’est tout », déclare Xavier De Keuleneer, key account manager. Même histoire en ce qui concerne le commerce on trade, où les ventes sont pratiquement au point mort. « Vous remarquez maintenant que la Belgique est techniquement un peu en retard en matière de ventes en ligne. J’espère que nous en sommes davantage conscients maintenant », note De Keuleneer. Dans la distribution en gros, tout se déroule normalement ou sans heurts. Les ventes sont stables pour les marques Le Wine et il y a suffisamment de stock pour le mener à bien pendant plusieurs semaines. « La plupart des producteurs continuent à travailler et peuvent livrer si nécessaire, à l’exception de G. Dubœuf (Beaujolais) où tout travail a été interrompu », explique M. De Keuleneer. « Ce qui nous inquiète, c’est le transport routier vers l’Italie. Étant donné qu’il y a peu de camionneurs qui veulent encore conduire, les prix du transport routier ont été multipliés par trois ! Peut-être que nous aurons bientôt la même situation avec l’Espagne. Mais de toute façon, nous n’en sommes pas encore là. Nous voyons toujours tout sous un angle positif et espérons que la situation va bientôt changer ».

Trois scénarios
« Nous avons maintenant un maximum de 3 personnes dans le bureau, chacune dans une pièce séparée, parce que c’est nécessaire et que je prêche généralement l’autodiscipline à mes collaborateurs en cette période », nous dit Eric Lanin, directeur général de Schenk Belgique. « Au niveau de l’on trade, qui représente 20 % de notre chiffre d’affaires, la demande est faible mais pas totalement stagnante car il existe encore une « zone grise », notamment les stations-service et les magasins de nuit. La distribution en gros a diminué pendant un certain temps parce que les gens achètent maintenant des pâtes et du papier toilette, mais j’ai entendu de bonnes sources que les ventes de vin se stabilisent. Ce matin, je passé en revue trois autres scénarios avec notre siège en Suisse. Le premier scénario – le plus optimiste – est une normalisation de la situation au début du mois d’avril. Le scénario intermédiaire – celui que nous prenons le plus en compte – est celui d’un apaisement de la situation vers la fin des vacances de Pâques, le 20 avril. Le scénario le plus pessimiste est d’un apaisement de la situation à la mi-mai. Heureusement, nous disposons de stocks suffisants de nos grandes marques telles que Gato Negro (San Pedro), Bacio della Luna et Amicone. Je ne prévois aucun problème avant la fin de l’été. Il est vrai que vous ne trouverez personne pour le transport routier vers l’Italie maintenant mais nous avons une alternative solide : à Schenk, nous utilisons le transport de marchandises par le train. Il y a cependant un autre problème inattendu : au Chili, les producteurs ne savent pas s’ils pourront récolter. On estime maintenant qu’il y a 25 % de chances que le gouvernement l’interdise. »