Marc Vanel
DIVERS

Terre des Brouilly, vers l’excellence

Entre Mâcon et Lyon, le plus petit et le plus vaste des dix crus du Beaujolais sont unis depuis 2016 pour mieux se faire connaître et reconnaître leurs lieux-dits et autres climats. Exploration.

Dominé par la chapelle de Notre-Dame des Raisins, le Mont Brouilly est le mont le plus haut du Beaujolais, c’est aussi le dernier sur la route vers le Sud, on ne peut pas le louper, même depuis l’autoroute. Sur ses flancs, 300 hectares de vignes reconnus depuis 1938 en AOC Côte de Brouilly, c’est le plus petit des dix crus du Beaujolais.

Autour de lui, l’appellation Brouilly couvre 1250 hectares répartis sur dix communes et cultivés par quelque 400 vignerons. Si le Beaujolais est certainement une région d’artisans (les parcelles sont souvent très petites), les vignerons de Brouilly et Côte de Brouilly souhaitent le rappeler et entendent bien dépasser cette image de brasserie qui leur colle trop à la peau. Un vaste travail d’identification des profils de sols a été mené durant quatre ans afin d’analyser les différentes expressions des vins par secteurs. Près de 86 lieux-dits ont ainsi été répertoriés en Brouilly et 19 en Côte de Brouilly, une démarche qui permettra, à terme, d’aboutir à des Premiers Crus. Petit à petit, ces noms viennent compléter les étiquettes.

Cépage unique

Pas facile de se singulariser lorsque l’on a qu’un seul cépage à décliner : le Gamay noir à jus blanc couvre en effet 98 % du vignoble du Beaujolais qui représente également 50% des Gamays plantés dans le monde. Très ancien cépage bourguignon qui existe depuis le XIVe siècle, le Gamay donne ici le meilleur de lui-même grâce au travail minutieux des vignerons. Certains disent qu’il donne une «photocopie» des sols du Beaujolais, et plus particulièrement en Terre des Brouilly où l’on assiste à une véritable montée en gamme. Des domaines tels que Les Roches bleues, le Domaine du Père Jean, le Domaine des Fournelles, Robert Perroud ou Florent Rude ou Château Thivin, très connu chez nous, incarnent le renouveau du Beaujolais avec des vins modernes, frais et gourmands, sur la tension et le fruit, capables, et on l’oublie trop souvent, de vieillir sans perdre leur élégance.

Géosite

Sorte de «phare du Beaujolais», le Mont Brouilly bénéficie depuis le printemps 2018 du label «Géoparc mondial Unesco» décerné aux territoires présentant un patrimoine géologie d’intérêt international. Avec plus de 15300 sondages et près de 1000 fosses creusées dans les vignes, toutes ses composantes ont été décryptées et classifiées. Sa géologie comporte e.a. de la diorite, de la « pierre bleue » (ou corne-verte) âgée de 400 millions d’années et de la métadiorite (ou granite rose). Ce géosite permet justement d’observer ces phénomènes géologiques remarquables. Une promenade sur le Mont Brouilly permet de les découvrir et surtout, grâce à plusieurs points de vue, de comprendre la réalité du Beaujolais dans son ensemble. Une visite plus qu’instructive.