Hervé Henrotte
WINEBIZZ

Remballez vos emballages

De plus en plus de consommateurs prennent conscience de l'impact écologique des emballages et optent pour un nouveau mode de consommation : les courses en vrac.

Véritable déferlement de l’offre dans les grandes villes françaises. Près de neuf Français sur dix souhaitent consommer de façon plus responsable, c’est-à-dire des produits locaux, plus respectueux de l’environnement, issus du commerce équitable… mais aussi avec moins d’emballage et/ou plus de matières recyclables.

A l’heure du zéro déchet, les silos à vrac ont dépassé la cadre des magasins bios et sont désormais présents dans toutes les grandes surfaces et les magasins de proximité. Ainsi, plus d’un tiers (37%) des consommateurs sondés par Nielsen ont déclaré acheter des produits en vrac, en plus des fruits et légumes frais.

Ce sont les moins de 35 ans notamment qui sont le plus friands de ce type de vente. Avant 2014, aucun magasin ne proposait ce type de distribution. Aujourd’hui, il existe plus de 160 épiceries vrac spécialisées et environ 80% des magasins bio sont équipés d’un rayon spécifique.

Et pour la grande distribution ?

Dans la foulée, les grandes surfaces développent également ce type de rayon dans leurs enseignes, mais les contraintes liées à ce type de distribution sont un obstacle de taille à leur progression. Si les gens sont enthousiasmés par l’idée et sont conscients de l’intérêt écologique, ce n’est pas encore dans leurs habitudes de consommation.

Pas toujours facile en effet de penser à amener ses contenants en verre pour aller faire les courses. La bonne volonté ne résiste pas très longtemps. D’autres distributeurs tel que Franprix (le plus en avance sur l’offre de vins en vrac, Carrefour Market, Biocoop) vont encore plus loin, avec l’apparition du vrac liquide dans les magasins, du vin bien sûr mais parfois des spiritueux également.

Respecter les normes d’hygiène

Autre épine dans le pied de la vente de vin en vrac : les problèmes d’hygiène et les normes européennes à respecter sur les liquides alimentaires. ». Une avancée rendue possible par « Jean Bouteille », une start-up lilloise. L’entreprise équipe les magasins en fontaines et en bouteilles, avec un système de consigne. Une fois rendues par les clients, les bouteilles sales sont envoyées dans des « laveuses » situées près du point de vente. Une fois la bouteille remplie, une étiquette est imprimée. Y figurent la quantité fournie, le numéro de lot, le prix, le code-barres… Proposées à 1 ou 2 € en fonction des enseignes, ces bouteilles sont consignées « et réutilisables à vie ».

Enfin, si les produits d’épicerie sèche n’ont pas de soucis de conservation, le vin à la tireuse n’a qu’une faible protection à l’oxydation. Ça veut dire qu’il faut le consommer dans les 4-5 jours maximum.

Les consignes font leur grand retour

Afin de s’inscrire dans cette tendance plus facilement, d’autres distributeurs ont pris des initiatives, telles que le retour de la consigne chez le caviste Nicolas, qui a mis en place ce système dans 46 magasins en région parisienne. Cette opération concerne 20 000 bouteilles de vin bio. Le consommateur paie 20 centimes qu’il récupère s’il ramène la bouteille. Sans nier la volonté de Greenwashing des grandes enseignes françaises qui subissent cette évolution de la demande sans, pour le moment, dégager de marges confortables, le développement fulgurant de l’offre va-t-il modifier durablement le comportement des consommateurs ?

En Belgique

Plus limitée en Belgique pour le moment, la vente de vin en vrac commence à se développer. Des boutiques de ventes en vrac (tout ou partie) font leur apparition avec pour certaines une offre vin comme La Grainerie à Ixelles, Gelin Vins à Uccle et Braine-le Château, Bio Vrac à Uccle, et même dans certains Franprix !

Les deux principaux fournisseurs de fontaineq à vin :

  • Réserves d’Idées : Pionnière du retour de la vente de vin en vrac en GMS avec des premières implantations datant de 2010.
  • Jean Bouteille : L’entreprise lilloise, spécialiste de la vente de liquide en vrac aux particuliers, poursuit son développement en France mais aussi en Belgique. Ses solutions sont essentiellement présentes chez Franprix et dans les magasins bios.