Marc Vanel
LIVRES

Le Cu, essentiel à la vie

Non, n'y voyez pas malice : Cu est tout simplement le symbole chimique du cuivre dont l’usage en viticulture est très controversé. Le « Manifeste du Cu » propose une autre vision.

Ils sont quatre à la création : Alain Tréchot, vigneron très engagé dans la transparence des vins bio et éditeur de l’ouvrage, Jérôme Douzelet, un cuisinier qui détecte les pesticides et le cuivre pour les éliminer de ses repas, Jean-Charles Halley, un caviste normand spécialisé dans les « vins nature » et Emmanuel Chaunu, un dessinateur qui apporte un peu d’humour à un sujet grave.

Produit de traitement le plus utilisé en agriculture biologique, le cuivre est souvent présenté comme aussi dangereux pour notre santé que les pesticides de synthèse. Sa concentration excédentaire dans le sol a un effet néfaste sur la croissance et le développement des plantes mais aussi de la faune des sols. La quantité maximale par hectare a récemment été limitée par les Etats membres à 4kg par hectare et par an.

Pourtant, selon les auteurs, le Cu stimule la vie et la défense des plantes face aux parasites : « le Cu est dans tous les organismes où il est transporté dans les cellules, métabolisé, et là il entre dans le cœur d’enzymes indispensables où il leur permet de fonctionner. (…) Sans lui, pas de respiration cellulaire, ni de métabolisme, ni de croissance, ou de réponse au stress, ou de mécanisme de défense chez les êtres vivants, pas de détoxication, que ce soit chez des animaux, des humains, des champignons et donc levures, ou bactéries, même chez leurs parasites. »

Si le Cu est considéré comme nocif, poursuivent les auteurs, c’est dû à sa concentration trop élevée dans la bouillie bordelaise avec du soufre et de la chaux (jusqu’à 40 ou 50 kg/ha). Certains voudraient faire croire « que l’élément Cu est surtout un pesticide, alors qu’il est consubstantiel à l’existence, comme le fer dans le sang ». Ce Manifeste du Cu plaide dès lors pour un dosage modéré du Cu qui « joue plus le rôle de stimulateur des défenses et de vitalité des plantes, qui ne permettent alors pas le développement de parasites, champignons, bactéries ou virus, qu’un rôle direct de produit toxique fongicide. »

Favorisant la biodiversité, concluent les auteurs, « son utilisation non déclarée dans les formulants des pesticides de synthèse doit être réglementée en urgence, comme celle des autres métaux lourds et des dérivés de pétrole qu’ils contiennent. Il n’est pas normal qu’ils aient un statut confidentiel alors que l’on veut réglementer le Cu injustement dans le bio. » Le débat est lancé…

Sortie du livre en librairie ce 27 septembre : Manifeste du Cu, BBD Editions, Paris, 9€.