Marc Vanel
SPIRITS

L’absinthe de Pontarlier reconnue en IGP

C’est officiel : l'absinthe de Pontarlier a obtenu le 19 août dernier le label européen d'indication géographique pour les boissons spiritueuses. Garçon, un Pont !

Boisson emblématique du tournant du XIX au XXe siècle, l’absinthe, aussi surnommée la Fée verte, est souvent liée à des images tragiques car on lui attribuait des vertus excitantes, et donc néfastes, notamment à cause de la présence de thuyone qui aurait fait perdre la tête à des artistes tels que Van Gogh ou Toulouse-Lautrec. De nombreuses études ont toutefois démontré qu’il fallait en boire quelques litres pour en être victime…

L’absinthe représentait en 1870 90% des apéritifs consommés en France et en 1910, sa production atteignait 36 millions de litres.

Pendant la Première Guerre, on en donnait même quelques gouttes aux poilus afin de limiter les effets de la dysenterie . De nombreux textes évoquent une production d’« élixir d’absinthe » dans la région frontalière de la Suisse depuis la fin du XVIIIe siècle, mais c’est Pontarlier, dans le Doubs, qui en deviendra le pôle mondial.

En 1914, quelque 66.000 litres d’Absinthe de Pontarlier étaient produits chaque jour exportés dans le monde. Mais un an plus tard, le 16 mars 1915, sous la pression des ligues antialcooliques, une loi interdisait la fabrication, la vente en gros et au détail, la circulation de l’absinthe et des liqueurs similaires, mettant fin à son existence et ouvrant par la même occasion la voie à la production de pastis.

En 2005, la distillation de l’absinthe est à nouveau autorisée en Suisse et devant les démarches des producteurs de « Val-de-Travers » pour faire reconnaître « leur » absinthe en IGP,  le Parlement français abroge en décembre 2010 la loi interdisant aux producteurs français d’utiliser la dénomination « absinthe ». La renaissance de la production de la plante et de la boisson dans la région de Pontarlier fut immédiate.

Aujourd’hui, la nouvelle IGP « Absinthe de Pontarlier » rejoint les 238 indications géographiques de boissons spiritueuses déjà enregistrées au niveau de l’Union européenne qui signalent « que la boisson spiritueuse est originaire du territoire d’un pays, lorsqu’une qualité, réputation ou autre caractéristique déterminée de la boisson spiritueuse peut être attribuée essentiellement à cette origine géographique ».

En Belgique, plusieurs indications géographiques sont reconnues, principalement autour du genièvre (Genièvre, Genièvre de grains, aux fruits, jonge et oude jenever, etc.) dont bien sûr le Pèkèt de Wallonie reconnu depuis 1989.

Liste complète sur le site de la Commission européenne : ICI.