D. Rodriguez – M. Vanel
BELGIQUE

Andy De Brouwer fait breveter le « vin lambieké »

Assemblage unique de lambic produit dans la vallée de la Senne par la Brasserie Den Herberg et d’un vin blanc de la coopérative Vin de Liège, « meuZenne » est une boisson d’un nouveau genre.

Sommelier renommé en Belgique et propriétaire-gérant de l’hôtel-restaurant bistronomique « Les Eleveurs » à Halle, Andy De Brouwer a toujours été à la recherche de nouvelles expériences, dont la production d’un gin (Ground Control) ou d’un cidre naturel. Mais la geuze est son dada. En 2014, il lança par exemple « Zenne y Frontera », un lambic produit à la brasserie « 3 Fonteinen » qu’il avait fait vieillir pendant un an dans des barriques de sherry provenant de Bodegas Tradición à Jerez de la Frontera. Dans son restaurant, un de ses apéritifs fétiches est précisément un mélange de geuze de « 3 Fonteinen » (1/4) avec du mousseux de Wilfried Schorpion (3/4) ou même de champagne, à la manière du célèbre « half-en-half » (mélange champagne-vin blanc).

Ce cocktail original a été un tel succès que l’idée a rapidement été copiée par d’autres restaurants, mais pas toujours intelligemment. Remplacer le champagne par du cava bon marché et la geuze par une kriek de qualité inférieure ne fonctionne pas aussi bien. C’est pourquoi, pour ce nouveau projet, il a d’emblée engagé un avocat et fait breveter son idée.

Cette fois, au lieu de simplement mélanger deux boissons alcoolisées, Andy De Brouwer a décidé de les assembler et de leur faire subir une seconde fermentation en bouteille. Pour ce faire, il a choisi un lambic produit par la brasserie Den Herberg à Buizingen et un vin blanc de la coopérative Vin de Liège (celui qui sert à produire le crémant « L’insoumise »). Le tout subit ensuite une seconde fermentation en bouteille entièrement réalisée dans les chais de Vin de Liège et donne un vin mousseux avec une teneur en alcool de 12% et un dosage de 6 grammes.

Lancé début août, le nom de ce vin qualifié de « lambieké » est « meuZenne », contraction de Meuse et de Zenne (la Senne en flamand).

En dégustation

La teinte ressemble à un vieux champagne, entre or pâle et ambre clair, les arômes vont en direction du lambic à la première gorgée, mais le côté vineux ressort en milieu de bouche. Les acides du lambic sont magnifiquement fondus à la matière du vin. Deux cuvées sont prévues : une cuvée « ordinaire » (9 mois sur lie) et une cuvée « de luxe » qui sera élevée plusieurs années.

Les premières réactions du public sont si enthousiastes qu’il a fallu freiner les ventes… Un second lot sera prêt d’ici la fin de l’année et « il y en aura pour tout le monde », rassure le sommelier. Le prix d’une bouteille est d’environ 18 euros.