D. Rodriguez – M. Vanel
WINEBIZZ

Boissons alcoolisées en Belgique: hausse des mousseux, des rosés, des bières foncées et sans alcool.

Euromonitor vient de publier les chiffres 2019: dans un contexte économique marqué par une tendance à la baisse, la vente des boissons alcoolisées se porte moins mal que prévu, sauf pour ce qui concerne les spiritueux frappés d'une hausse aveugle des accises.

Pour établir ce rapport, Euromonitor se base non seulement sur les chiffres des douanes belges, mais aussi sur ceux des groupes et des syndicats internationaux.

Le vin

La vente de vins effervescents monte très légèrement. Dans cette catégorie, il peut être  surprenant que le champagne n’ait rien perdu en volume (5,9 millions de litres).

Pour les autres mousseux (26,2 millions de litres), il semble que la hausse du prosecco ait compensé la baisse des crémants et autres cavas. En valeur, le champagne et les autres effervescents augmentent légèrement, respectivement de 1,1% et de 1,0% .

Alors qu’il est en léger repli en France, le vin rosé monte légèrement en volume (2% ) et 3,03% en valeur. A titre indicatif, au cours des cinq dernières années, la valeur des ventes de rosé a gagné 14,2%.

Baisse par contre du côté des rouges et des blancs qui perdent respectivement 3,3 et 2,6% en volume, mais leur valeur est presque stable (-1,1% et -0,3%). Nous pouvons donc affirmer à nouveau que nous buvons moins mais mieux.

Dans ses «Prévisions 2018-2023», Euromonitor indique que le segment du vin perdra à lui seul 6%, même si le mousseux  devrait monter de 2,9% et le rosé de 6%. Rendez-vous dans 5 ans pour vérifier cela.

La bière

Deux catégories se distinguent: les bières sans alcool (0.0 ou N.A.) et la bière brune.

Les bières de fermentation basse (type pils) perdent du terrain, mais leur qualité  se maintient relativement bien.

L’étude est toutefois quelque peu en retard sur les catégories, car elle ne distingue pas tous les types de bières, notamment les bières plus puissantes ou les IPA.

Si la bière brune ne gagne que 0,2% en volume et 1,6% en valeur, la bière sans alcool bondit quant à elle de +23,8% en volume sur une base annuelle et de +16,9% en valeur !

Les “lagers” sont relativement stables dans le segment “premium” plus coûteux (-0,6%). Ce sont principalement les bières économiques des marques de distributeur qui encaissent : -6,4% en volume et -5,3% en valeur.

Au cours des cinq dernières années, cette catégorie a enregistré une baisse de son chiffre d’affaires de quelque 22,1%.

Spiritueux

Au niveau du secteur des spiritueux, la politique belge en matière d’accises se révèle désastreuse, les Belges ayant largement déplacé leurs achats dans les pays frontaliers.

Quelques chiffres en volume sur une base annuelle (2017/2018) et sur 5 ans (2013/2018):

  • Cognac: -9,4% et -42,9%,
  • Vodka: -6,8% et -34,4%,
  • Whisky: -4,2% et -27% (le single malt se maintient)
  • Rhum: -2,8% et -29,9% (le rhum brun fait mieux),
  • Tequila -2,3% et -25,9%,
  • Gin: -2,6% et -13,3%.