Baudouin Havaux
WINEBIZZ

2018, année record pour le vin dans le monde

Avec 292,3 millions d’hectolitres, la production mondiale de vin atteint un niveau exceptionnel qui rompt avec la production historiquement faible de l’année précédente. La consommation se stabilise, le vignoble mondial cesse de décroitre et l’internationalisation des échanges s’intensifie.

Le directeur général de l’Organisation Internationale de la vigne et du Vin (OIV), Pau Roca, a présenté le 11 avril dernier au siège de l’Organisation à Paris, des éléments d’informations sur la production viticole. On peut comparer cette organisation intergouvernementale aux Nations unies du vin. L’OIV a des compétences scientifiques et techniques reconnues dans le domaine de la vigne, du vin, des boissons à base de vin, des raisins de table, des raisins secs et des autres produits issus de la vigne.

Elle préconise à ses membres les mesures permettant de tenir compte des préoccupations des producteurs, des consommateurs et des autres acteurs de la filière vitivinicole. Chaque année, l’OIV publie un rapport sur la conjoncture vitivinicole mondiale, l’occasion de porter le regard sur les faits qui ont marqué la planète vin en 2018.

La surface mondiale de vignobles ne cesse de diminuer et atteindrait 7,4 millions d’hectares.

Depuis 2014, on observe une baisse de la superficie des vignobles, induite notamment par la diminution de la superficie viticole en Turquie, en Iran, aux États-Unis et au Portugal.

L’Europe, dont les trois principaux pays producteurs sont l’Espagne, avec 969.000 ha, la France 789.000 ha et l’Italie 706.000 ha, montre une stabilisation des superficies des vignobles estimée à 3,3 millions d’ha.

En Asie, après plus de 10 ans de forte progression, la croissance du vignoble chinois (875.000 ha) ralentit.

Sur le continent américain, les évolutions des superficies des vignobles sont à la baisse. Les Etats-Unis (430.000 ha) montrent une légère baisse. En Argentine, le vignoble poursuit sa diminution pour atteindre 219.000 ha, son voisin le Chili voit également son vignoble diminuer à 212.000 ha.

Le vignoble d’Afrique du Sud continue de se rétracter lentement pour atteindre 125.000 ha. Le vignoble australien (145.000 ha) verrait sa décroissance ralentir, tandis que le vignoble néo-zélandais reste quasiment stable, avec une superficie autour de 39.000 ha.

En nette progression par rapport à 2017, la production mondiale de vin en 2018 est estimée à 292,3 millions d’hectolitres.

Ce chiffre record est principalement imputable au vignoble européen qui a atteint 181,9 millions d’hectolitres, en nette augmentation de 28,3% par rapport à 2017. Cette situation résulte des conditions météorologiques très favorables dans les principaux pays producteurs européens, contrairement à 2017 qui avaient cumulé des conditions défavorables durant la saison de production. Les récoltes italiennes (54,8 Millions d’hl), françaises (49,1 Millions d’hl), et espagnoles (44,4 Millions d’hl) ont fortement progressées par rapport à 2017. Une bonne nouvelle pour le consommateur, car cette abondante vendange devrait tirer les prix vers le bas.

La consommation mondiale de vins en 2018 est estimée à 246 millions d’hectolitres.

Après avoir observé une progression quasi constante de la consommation mondiale de vins depuis 2014, induite notamment par l’augmentation de la consommation aux Etats-Unis, en Chine, ainsi qu’une stabilisation de la consommation dans les principaux pays européens producteurs de vins.  En 2018, la consommation mondiale de vins semblerait marquer un temps d’arrêt à sa progression, influencé principalement par une légère baisse de la consommation en Chine et au Royaume-Uni.

La mondialisation n’épargne pas le vin.

108 millions d’hectolitres de vin ont franchi les frontières de leur pays de production. Les échanges internationaux n’arrêtent pas de s‘intensifier. Avec plus de 4 bouteilles sur 10 exportées, on ne peut pas vraiment parler de circuit court.