Marc Vanel
EUROPE

CMB: une édition enneigée à Aigle

Après la Chine en 2018, le Concours mondial de Bruxelles est revenu à ses origines européennes et a déposé ses valises à Aigle, une ville vaudoise nichée au-dessus du lac Léman, plus précisément, au Centre Mondial du Cyclisme. La neige a marqué la fin de cette édition.

Le nombre d’inscriptions se maintient à son niveau record de 2018 et a dépassé 9000 échantillons, 9150 très précisément, qui ont été dégustés par 350 juges venus des quatre coins du monde. Les organisateurs insistent toutefois sur le fait que la croissance ne constitue pas le principal objectif du Concours Mondial de Bruxelles (CMB), mais plutôt la recherche de conditions optimales de dégustation garantissant des résultats fiables.

Les vins médaillés qui auront le privilège d’arborer la médaille du Concours sur leur étiquette, doivent représenter une garantie de qualité pour les consommateurs à la recherche d’excellence.

Durable

Cette année, les organisateurs bruxellois et aiglons ont décidé de «passer au vert». L’événement a en effet arboré une belle robe écologique. Les fiches d’évaluation papier ont été remplacées par des tablettes numériques, les bouteilles d’eau en plastique qui rincent le gosier des juges entre deux échantillons ont fait place à des carafes en verre et le transfert des 350 dégustateurs entre le centre mondial du cyclisme et le village de Leysin où ils sont logés, ont été réalisés par le pittoresque train à crémaillère Aigle-Leysin.

Suisse authentique

Même si elle n’est que vingtième dans le monde en termes de superficie plantées en vigne, la Suisse produit près de 240 cépages différents sur 148 km2 de vignobles.

Outre les séances de dégustation, les dégustateurs internationaux ont eu l’occasion de visiter de nombreux domaines viticoles des deux plus grandes régions viticoles de Suisse, le Valais et le Vaud, qui représentent plus 58% de la production viticole suisse.

Deuxième canton viticole en Suisse, le Canton de Vaud abrite 6 AOC (Chablais, Lavaux, La Côte, Bonvillars, Vully et Côtes de l’Orbe) qui cultivent leurs différences. Les bords du lac Léman, où trône la région viticole de Lavaux, sont célèbres à travers le monde grâce aux vignobles en terrasses classées au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Berceau et principale région de production du Chasselas, le canton de Vaud abrite quelque 2268 hectares de vignes qui fournissent ce blanc élégant. Deux régions, Lavaux et Chablais, lui vouent un véritable culte. Elles lui réservent les meilleures expositions et vinifient des cuvées à cueillir dans leur jeunesse. Ils donnent essentiellement des vins secs, rafraichissants, minéraux et relativement faible en alcool.

On parle de « vin de soif » qui ne sature ni les papilles ni le palais, mais ce véritable vin d’apéritif est aussi reconnu pour son aptitude au vieillissement. Après dix à vingt ans, le profil aromatique évolue vers un bouquet d’une ampleur et d’une suavité étonnantes et une palette d’arômes secondaires et tertiaires : miel, caramel, fruits mûrs, abricot sec, cannelle, curry doux, noisette, amandes torréfiées, sous-bois et truffe.

  • Ce n’est pas en mer mais bien dans les profondeurs du lac Léman que la Fondation du Château de Chillon et Badoux Vins ont immergé 1.000 bouteilles du Clos de Chillon blanc. Le taux d’humidité équivalant à 100% épargne toute évaporation pendant les 3 ans d’immersion. Le très faible taux d’oxygène contenu dans l’eau optimise l’évolution du vin de manière idéale. L’immersion à 30 mètres de profondeur garantit en outre une obscurité totale et une température fraîche et stable comprise entre 12 à 13°C. La pression à cette profondeur réduit considérablement les mouvements et les échanges entre l’intérieur de la bouteille et l’environnement immédiat.