Baudouin Havaux
Région
Le Liban dans votre verre
En dehors de la restauration, les vins du Liban ne sont pas encore très répandus sur le marché belge. Voici pourtant quelques références.

Avec moins de 10 millions de bouteilles par an, le Liban, qualifié de « Terre de lait et de miel » dans la Bible, est encore un petit pays producteur. Et pourtant, au Liban, comme dans tous les pays du bassin méditerranéen, le vin fait partie de la culture. Il est d’ailleurs toujours un élément de son identité, cela se traduit par une forme de « dolce vita » qui fait de ce pays un bastion de la tolérance cultivant l’art du vivre ensemble en cette époque chaotique observée dans diverses régions du monde. Il n’existe aucun autre vignoble qui ait subi autant d’adversités. Ces derniers millénaires, conquêtes, guerres, tabous religieux n’ont jamais réussi à anéantir le vignoble libanais.

Confronté dès sa création voici presque 100 ans à une cohabitation entre maronites, musulmans, sunnites, chiites, alaouites, chrétiens et druzes, et suite à de longues périodes d’occupation, le plus étonnant dans ce contexte est le maintien de la viticulture et, aujourd’hui, de son renouveau qui ne peut être nié après avoir dégusté les vins présentés.

Si le vin prospère au Liban, c’est avant tout grâce à son terroir. Plantée en altitude (jusqu’à 1800 mètres), la vigne profite d’un sol calcaire, d’un bon ensoleillement et d’une pluviosité équilibrée. Près de 80% de la production proviennent des vignobles situés à la frontière de la Syrie, dans la vallée de la Bekaa, le principal plateau du Liban, à 30 km à peine de Beyrouth et du littoral méditerranéen. Débutant à 900 mètres au dessus du niveau de la mer, cette plaine d’altitude jouit d’un climat continental sec. D’importantes amplitudes thermiques entre l’été et l’hiver et entre le jour et la nuit permettent un bon développement des anthocyanes et polyphénols.

Quatre vins disponibles chez nous

Château Ksara, Moscatel : fondé en 1857 par les Jésuites, le Château Ksara est le pionnier du vignoble libanais et de loin l’acteur principal. En apéritif ou en dessert, la jeunesse et la fraicheur de ce vin blanc explosent en bouche. Le Muscat à petits grains et le Gewurztraminer apportent de délicates notes aromatiques citriques, florales, de melon et fruits secs. Une pure merveille !

Ixsir, Altitudes, 2012: la propriété compte un total de 110 hectares, éclatés entre les côteaux de la vallée de la Bekaa à l’est, Batroun au nord et Jezzine au sud. La gestion œnologique est confié à Gabriel Rivero œnologue espagnol qui peut compter sur les conseils d’Hubert De Boüard, consultant international et co-propriétaire du Château Angelus 1er Grand Cru Classé à Saint-Emilion. Altitudes, un assemblage de 35% Cabernet Sauvignon, 22% Syrah, 26% Caladoc et 17% Tempranillo, est marqué par la maturité du fruit. Il est chaleureux, complexe avec des notes fumées et taostées.

Atibaia, 2012: Déjà le 2011 dégusté à Megavino lil y a deux ans avait marqué ma mémoire, mais le 2012 est encore nettement supérieur. Plein et élégant, subtil et complexe, c’est un vin de haut vol. Cette petite propriété consacre 100% de son attention à une seule cuvée de vin rouge. Elle a bien raison de ne pas se disperser, car c’est exceptionnel.

Domaine des Tourelles, Vieilles Vignes Cinsault: créé en 1868 dans la vallée de la Bekaa, le domaine des Tourelles dispose, en propriété mais aussi grâce à des contrats–d’achat, de vignobles dans différentes zones de la vallée. Introduit au Liban au milieu de 19 e siècle, le cépage Cinsault a pratiquement disparu pour laisser place aux variétés importées. Une parcelle de plus de 50 ans produit un vin puissant avec une belle capacité de garde.