Marc Vanel
Région
Le Luxembourg, petit mais costaud !
A un peu plus de deux heures de Bruxelles, le Grand-duché de Luxembourg cache un vignoble méconnu.

Le long de la Moselle, dans le sud-est du pays et face à l’Allemagne, s’étend sur 42 kilomètres un étroit vignoble aux pentes (très) escarpées qui évoquent la Champagne ou l’Alsace, exploitées par plus de 300 viticulteurs. La majorité de ceux-ci fournissent leur production à Domaines Vinsmoselle qui regroupe cinq coopératives et qui élabore plus de 60% des vins luxembourgeois. A côté de cette méga-structure, une soixantaine de vignerons indépendants et six négociants-producteurs proposent des vins blancs tranquilles (peu de rouges en effet) et surtout des Crémants, mais aussi d’étonnants vins de paille et de glace.

Lié jusqu’en 1919 au royaume de Prusse, puis à l’Empire allemand, le Grand-Duché bénéficia pendant longtemps de facilités douanières du “Zollverein” qui lui permettaient d’exporter la quasi totalité de ses vins dans les pays allemands pour y produire des « sekt », des vins mousseux. Dévasté au début du 20e par le phylloxéra, le fameux puceron qui ravagea la majorité des vignobles européens, le vignoble luxembourgeois fut obligé de se reconstruire et replanta des cépages plus qualitatifs. La création en 1925 d’une « Station viticole » pour aider les vignerons à se former à enfin faire leurs propres vins, le lancement en 1935 de la « Marque nationale » et le dynamisme des coopératives permirent aux vins luxembourgeois « nouveau style » de conquérir des marchés, notamment en Belgique grâce au fameux « Rivaner ».

  • Non loin de Remich - © Vanel

Naissance d’une AOP

Au fil des ans, le vin luxembourgeois connut diverses métamorphoses et est aujourd’hui bien plus qu’un vin pour les moules ou pour une sauce au beurre pour le poisson, une caricature qu’il convient de jeter aux oubliettes. Grâce au travail minutieux des vignerons indépendants qui ont su tirer le meilleur des neuf cépages nationaux (dont le Pinot blanc, l’Auxerrois et le Riesling sont de loin les plus qualitatifs), les rendements ont été largement maîtrisés et donne aujourd’hui naissance à des vins de grande qualité.

En 2014, la création de l’appellation d’origine protégée Moselle luxembour­geoise changea encore la donne en privilégiant le principe d’origine géographique et donna naissance à une nouvelle classification de vins selon les terroirs dont ils sont issus. Les vins d’entrée et de milieu de gamme sont les vins de Côtes et de Coteaux (100hl/ha max) tandis que les « Vins de terroir » sont issus des meilleurs vignobles de la Moselle luxembourgeoise, avec des rendements plus faibles (max 75 hl/ha), une sélection manuelle et une gestion proche de la nature. Dans ce cas, l’étiquette mentionne plus spécifiquement un « lieu-dit ».

Trois labels sont en outre dédiés à la production de vins haut de gamme par différents regroupements de vignerons respectant des rendements plus restrictifs que ceux prévus dans l’AOP, les « vins de Charte » : Domaine et Tradition (8 vignerons indépendants et négociants), la Charte Schengen Prestige (sept domaines autour de Schengen au Grand-Duché, en France et en Allemagne) et charta.privatwënzer pour 18 vignerons indépendants.

Vous trouverez de belles propositions touristiques sur www.visitmoselle.lu/fr/vins-terroir

  • A Wormeldange, montez au sommet de Koeppchen pour admirer la vue. (© Vanel)