Marc Vanel
Personalia
Joy Scaianski, une sommelière pour la Villa Lorraine
Au sommelier français Antoine Lehebel succède à la Villa Lorraine une sommelière, Joy Scaianski, elle aussi Française, qui a fait ses armes à Paris et à Lausanne. Portrait.

Sous une apparente timidité et un sourire radieux se cache un diable de sommelière, avide de découvertes du vin et de progresser dans son métier. Née à la Guadeloupe d’une mère antillaise et d’un père polonais, Joy arrive en France à l’âge de trois ans et y séjourne le plus clair de son temps, même si elle accompagne souvent son père en voyages d’affaires, notamment en Asie.

Après une carrière dans la finance, celui-ci décide d’arrêter ses activités et se lance dans l’importation de rosé de Provence… en Espagne. « C’est lui qui m’a initiée au vin mais je suivais alors une école classique littéraire, je n’imaginais pas encore en faire un métier, j’ai d’ailleurs décroché un Bac axé sur l’Histoire de l’Art et les Arts plastiques. A Paris, comme job d’été, je travaillais à l’Hôtel Costes, je n’avais que 17 ans, lorsqu’un couple de Norvégiens qui avait déjà bu plusieurs bouteilles me propose de goûter un Château d’Yquem. Je dois dire que par ma sensibilité artistique, j’étais intriguée par la couleur et ce fut le coup de foudre, le déclic. J’ai alors suivi une formation de sommellerie à l’Institut chimique et œnologique  de Paris tout en travaillant en alternance au Mandarin oriental situé juste à côté du Costes. Le sommelier était alors David Bireau qui a participé à beaucoup de concours. Il m’a envoyé en vendanges, il m’a tout appris. »

Découvrir

Après deux ans de cet excellent apprentissage, Joy passe brièvement à l’Hôtel Pershing Hall non loin des Champs-Elysées avant de s’installer pour deux nouvelles années au Fouquet’s, puis de partir en Suisse, à  Lausanne, au Beau Rivage Palace où officie Thibaut Panas, grand spécialiste du champagne et des vins suisses. “Je suis tombée véritablement amoureuse des cépages suisses autochtones, j’ai goûté toutes les Petites Arvines que j’ai trouvées et rencontré les producteurs. Mais aussi l’Humagne, l’Amigne, le Pinot noir des Grisons, le Merlot du Tessin, etc. Puis, j’ai continué mon exploration du Rhône (qui prend sa source en Suisse – Ndlr) et je suis redescendue dans la vallée du Rhône française. J’aime vraiment beaucoup les Syrahs de St-Joseph. »

Evoluer

Et puis, comme dans chaque métier, on a parfois envie de changement. Joy a envoyé des CV à gauche et à droite, ne sachant pas vraiment dans quel pays elle avait envie de s’installer. « Lors d’entretiens à Paris, j’ai fait un saut à Bruxelles où j’ai rencontré Serge Litvine. En arrivant à la Villa Lorraine, le décor m’a immédiatement fait penser au Costes et m’a séduite. Je me suis tout de suite sentie bien. » Aujourd’hui, la cave de la Villa abrite 600 à 800 références, surtout Bourgogne, Bordeaux et Loire, mais aussi le Portugal, le Chili, l’Espagne, etc. A présent, Joy apprend à découvrir la clientèle de ce restaurant étoilé plus qu’honorable où le premier prix en vin est à 43 euros.

Infos : www.villalorraine.be/